La stratégie Ender – Orson Scott Card

La stratégie Ender

D’Orson Scott Card

J’ai Lu – 383 pages

Pour clore le challenge Summer Star Wars initié par Mr Lhisbei voici l’Ultime Billet publié par moi-même (il parait que j’aime avoir le dernier mot dans la « vraie » vie alors pourquoi pas sur le RSFBlog ? ;)).

Andrew Wiggins, surnommé Ender, est le troisième enfant d’une fratrie de surdoués. Dans une société qui régule les naissances et ne permet que deux enfants par famille, avoir l’autorisation de faire un Troisième ne peut signifier qu’une chose : que ce troisième aura un rôle à jouer dans la guerre contre les Doryphores, race extraterrestre qui a failli éradiquer l’humanité cinquante ans auparavant. Et pas n’importe quel rôle : Ender est celui qui doit mettre un point final à cette guerre. A six ans il intègre l’école de guerre qui forme les futurs commandants de la flotte. Le lecteur suit Ender dans son apprentissage et observe les manipulations dont il est l’objet. Car pour former l’ultime commandant une éducation classique ne suffit pas.

J’ai eu beaucoup de mal à lire ce roman. Pas à cause du style (très fluide), ni de la construction (chronologique donc facile à suivre) mais à cause de la violence de l’histoire. Une violence plus souvent psychologique que physique d’ailleurs, ce qui la rend encore plus douloureuse. Ender, tout surdoué qu’il est, reste un gosse de 6 ans et ce qu’on lui fait relève presque de la torture mentale : les adultes l’isolent ou dressent les autres élèves contre lui par ces moyens détournés (mais attention nous ne sommes pas dans la cour d’école où on se tire les cheveux ou on se fait des croche-pieds, nous sommes dans une école de guerre avec des enfants soldats qui connaissent de multiples façons de tuer), les instructeurs le poussent à bout, n’interviennent jamais même lorsque sa vie est en danger (l’adulte protecteur n’existe plus dans ce monde-là). Il ne peut compter que sur ses propres forces et il est systématiquement et sciemment placé en situation de faiblesse. Quand il en vient à commettre l’irréparable (il tue deux élèves en état de légitime défense) il doit assumer … seul alors que les adultes tirent les ficelles en coulisse. Chaque chapitre commence d’ailleurs avec une conversation entre les manipulateurs ce qui renforce encore l’impression que Ender n’est qu’un jouet, un précieux jouet, certes, mais un jouet tout de même. Ce traitement d’un enfant est très très difficile à digérer pour un lecteur par définition passif. Et le tout emballé dans un philosophie à laquelle je n’adhère pas : la fin justifie les moyens (éradiquer les Doryphores est la priorité et ce doit être fait à n’importe quel prix) et sur le mode « c’est eux ou nous ». Orson Scott Card nous réserve d’ailleurs une surprise et démontre magistralement les limites de cette philosophie. Mais je n’en dirais plus pour ne pas éventer la fin du roman.

Il m’a donc fallu dépasser cela pour apprécier La stratégie Ender à sa juste valeur. Heureusement le livre est impeccablement construit et rythmé; Orson Scott Card est un bon conteur d’histoire et le livre se lit tout seul. Quelques années après ma lecture du cycle d’Alvin le faiseur, renouer avec sa plume a été un plaisir.

La stratégie Ender a reçu le prix Nebula en 1985 et le Prix Hugo en 1986.

Consulter la bibliographie de l’auteur sur le Répertoire de la Science-Fiction.

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