La belle étoile – Jane Laurence 7


La belle étoile

de Jane Laurence

Nous Deux – 126 pages

On fait de ces trouvailles parfois sur les braderies… Dimanche dernier à la faveur d’un « tombé du lit » particulièrement précoce (ma grasse mat’ s’est fait la malle à 7h du matin), Mr Lhisbei et moi sommes allés chiner. La récolte de Mr Lhisbei a été meilleure que la mienne mais j’ai tout de même fait main basse sur ce trésor. Cette perle nous est offerte par Nous Deux pour l’achat du numéro 2688 de la revue, numéro daté du 5 janvier 1999. Bien sûr j’ai acheté ce texte seul pour la modique somme de 0,33€ –  c’est dire l’investissement – mais le Challenge Summer Star Wars méritait bien cela.

Stella Richardson est la femme parfaite. Belle, comme il se doit (brune aux yeux d’un vert intense, corps de rêve etc…), intelligente – elle travaille au laboratoire de robotique appliquée du Caltech (California Institute of Technology) excusez du peu – et sportive (elle compare l’élimination des toxines de son corps aux marées gravitationnelles des galaxies et pour un peu ça me donnerait envie de me mettre au sport). Parfaite mais gaffeuse. Elle va d’ailleurs passer la majeure partie du roman à se mettre dans des petits pétrins dignes d’une héroïne de chick-litt. Ned Stone, son chef, est bien évidemment un vieux pervers lubrique (pas sportif pour un sou lui). Norman Mac Cearney travaille pour la Nasa, sur une mission vers Mars (et, plus précisément sur un mini-rover). Il est beau, comme il se doit (grand, musclé, blond, les yeux d’un bleu intense) et accessoirement son job consiste à superviser le département Exploration martienne au Space Propulsion Laboratory de Palm Beach, pas moins. Il rêve de Mars toutes les nuits. La trame est classique : Stella et Norman vont passer les deux tiers du roman à se croiser et à se chercher (dans le sauna du club de gym, dans le labo de Stella, au restaurant, dans le taxi) avant – enfin – de coucher ensemble et de s’avouer leur amour (dans cet ordre précis). Et le dernier tiers à essayer de calmer la peste d’ado qu’à eu Norman d’un premier mariage et qui n’apprécie pas du tout la future belle-mère. Notez au passage que si le père n’avait pas oublié d’aller chercher sa fille à l’aéroport, la relation de cette dernière avec Stella aurait pu être plus apaisée dès le départ. Las ! Pendant que Bernice – oui c’est son nom – 12 ans se débrouillait pour rejoindre le nid par ses propres moyens, Monsieur passait l’après-midi à fricoter avec Madame. Et pour une fois je vais me permettre de raconter la fin d’un roman (jespère que vous ne m’en voudrez pas…) puisque l’épilogue nous emmène sur Mars où le robot baptisé Stella vient de débarquer …

Je m’attendais à un roman type Harlequin. Or non pas du tout. Nous deux a le désir de faire dans le réalisme alors que, dans un Harlequin, on est dans le fantasme pur. Ici la romance prime mais celle de tous les jours (pas de prince du désert, non). Le vocabulaire est un peu plus diversifié : certaines descriptions sont même très poétiques. L’auteur, l’air de ne pas y toucher, arrive à glisser des références à La guerre des mondes et semble s’être bien documentée sur les travaux de la NASA. Le décor dans lequel évoluent Stella et Norman y gagne en crédibilité et densité, surtout lorsqu’après vérification, le lecteur se rend compte que la plupart des les lieux évoqués dans le roman (y compris le restaurant La Voie lactée) existent (oui, j’ai vérifié, et noté l’adresse du restaurant : leur Chevelure de Bérénice est diablement tentante). Jane Laurence fait aussi preuve d’une touche d’humour qui allège le côté guimauve. Malgré les clichés je suis plus qu’agréablement surprise par ce court roman sentimental (mais quand on s’attend au pire…). Et puis, que voulez-vous, je fonds, quand on évoque les étoiles et la conquête spatiale …

Avec ce livre j’ai comme une envie de semer la zizanie dans le bien trop propret Défi Martien de Guillaume.

            

         Summer Star Wars                      Défi Martien


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7 commentaires sur “La belle étoile – Jane Laurence

  • Ferocias

    « Nous deux a le désir de faire dans le réalisme alors que, dans un Harlequin, on est dans le fantasme pur. »
    Euh tu ne connais pas certaines séries Harlequin toi

  • Lhisbei

    @ Ferocias : c’est vrai que je manque de culture harlequinesque mais j’ai souvenir de quelques romans assez croquignolets dans des lieux très réalistes : un ranch américain (mais pas ce ceux où ça sent le poney…), une entreprise new-yorkaise (où la demoiselle n’est que l’assistante (issue de la banlieue) du big boss fantastique et qu’elle ne peut croire en sa chance de lui avoir tapé dans l’oeil). ceci dit ta remarque est juste : il faut que je diversifie mes lectures []

  • NicK

    « Stella Richardson est la femme parfaite. »
    Biiip.
    Fatal Error.
    Object « la femme parfaite » does not exist. Reboot Kernel in 10 seconds.
    Please close all others applications. [Cheese]

  • Cachou

    Ah se demander si un auteur de SF romantico-fauché n’a pas endossé un joli pseudo pour pondre cette merveille… ^_^ (ben quoi, c’est tout à fait possible)(Marie-Aude Murail, un de mes auteurs jeunesse préférés, a rempli son portefeuille avec des Harlequins sous pseudo avant de devenir un écrivain reconnu et acclamé par la critique!)