Le Voyageur – James Smythe 8


le-voyageurLe Voyageur

De James Smythe

Bragelonne – epub 213 pages

Cormac Easton, journaliste, est sélectionné pour participer à la première mission habitée vers l’espace à bord de l’Ishiguro. Conscient des dangers mais enivré par l’aventure, il s’imagine déjà auréolé de gloire et décrochant un Pulitzer. Une fois dans l’espace, il consigne les évènements, tourne des vidéos et écrit des articles qui sont envoyés sur Terre. Mais une fois là-haut, rien ne se passe comme prévu. C’est l’hécatombe. Arlen, le chef pilote, est le premier à mourir dans son caisson de stase. Son rôle se révèle purement figuratif puisque le pilote automatique est extrêmement bien programmé. Le centre de contrôle décide de la poursuite de la mission. Wanda, puis Guy, ingénieur et chef de l’équipe scientifique sont les suivants à y passer. Les communications avec le centre de contrôle s’amenuisent à cause des distance. La mission se poursuit. Viennent ensuite le tour de Quinn, co-pilote et de Emmy, médecin. Cormac reste seul survivant à bord.  Comment ne pas perdre sa santé mentale dans un tel cas ?
Le vaisseau, programmé pour faire demi-tour une fois 50% du carburant épuisé, devait donc revenir sur terre avec son équipage. Mais une fois la barre des 50% dépassée, il poursuit sa route dans l’immensité du vide galactique. Un mystérieux message d’erreur s’affiche en permanence sur l’écran : 250480. Cormac se retrouve seul et condamné…

Le Voyageur est un huis clos dans l’espace, narré à la première personne par Cormac Esaton. Journaliste, il utilise ses compétences pour se raconter : compte-rendus, journal intime, documents vidéos, c’est une approche quasi documentaire qu’il offre au lecteur. Et quel spectacle : une mission qui déraille, des morts en série façon Dix petits nègres, un équipage laissé à l’abandon, une mystérieuse anomalie et un personnage qui éprouve la solitude avec, pour seule perspective une mort certaine dans l’immensité du vide glacial de l’espace. Sans en dire trop sur la narration, j’ai assez vite compris où voulait en venir l’auteur sur la forme (et donc sur la fin, mais cela ne m’a pas frustrée). Le procédé utilisé induit quelques répétitions qui renforcent l’effet recherché : une torture lancinante jusqu’à une fin glaçante.

J’emporte du champagne, ainsi qu’une barre hamburger et une barre tarte aux pommes. Un festin que je déguste en songeant à la fin imminente.

Quand on a plus ou moins arrêté d’imprimer des livres papier, j’ai pensé que c’était triste de ne plus pouvoir se rendre compte si la fin approchait. Il y a toujours moyen de le savoir, bien sûr, mais la sensation permanente, le toucher des doigts, a disparu : j’adorais voir diminuer le paquet de pages, calculer combien de temps il me faudrait pour arriver au bout. En fait, j’adore les fins quand elles sont bien faites, parce qu’une bonne histoire doit savoir se terminer. La fin est un plaisir en soi.

Ici, dans la doublure, je sens le paquet de pages et je sais qu’il reste très peu de temps. J’ai déjà lu ce livre. Mais je n’en connais pas la fin.

Même s’il fait partie d’une série et qu’il est donc ouvert sur une suite, Le Voyageur peut se lire comme un one-shot. Il se suffit à lui-même. Publié dans la collection L’Autre Bragelonne, il constitue une bonne surprise. Et la collection elle-même me convainc plus que les parutions habituelles de l’éditeur. A l’heure où j’écris ces lignes, quatre titres sont parus : Vlast de Peter Higgins (pas aimé), Le Jardin des silences de Mélanie Fazi (magnifique), Le Voyageur de James Smythe (convaincant) et Comme un conte de Graham Joyce (dans la PAL mais plus pour longtemps).

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