Le sang jamais n’oublie, Les mystères de Larispem T1- Lucie Pierrat-Pajot 7


les mystères de larispemLe sang jamais n’oublie
Les mystères de Larispem T1

De Lucie Pierrat-Pajot

Gallimard Jeunesse – 260 pages

Nous sommes en 1871, quelques mois après l’armistice signé avec la Prusse (celui-là même qui permettait à la Prusse d’annexer  l’Alsace et la Lorraine). Du 18 mars au 27 mai, la ville de Paris a connu une insurrection. Les Parisiens, après s’être soulevés, ont fait, provisoirement, de la ville un État dans l’État, proclamant la Commune, élisant un gouvernement en opposition au pouvoir officiel qui a fui la ville pour s’établir à Versailles. Les élus de la Commune sont majoritairement issus des milieux ouvriers. Pragmatiques, ils mettent rapidement en place une organisation qui permet à la ville de ne pas sombrer dans le chaos tout en combattant les troupes Versaillaises. Ces dernières parviennent néanmoins à entrer dans la ville et à écraser la commune au prix de milliers de morts. La répression qui s’en suit se révèle très dure : exécutions sommaires et déportation des prisonniers.

Dans Les mystères de Larispem Lucie Pierrat-Pajot imagine que la Commune a tenu. En 1899, la ville de Paris s’appelle Laripsem, selon l’argot des bouchers, le corps ouvrier le plus prestigieux de tous. La ville se voue au progrès technique (et à ses bienfaits) sous l’égide d’un Jules Verne inventeur de génie : automates, dirigeables, vapomobiles… Steampunk ? Oui. L’égalité des citoyens est érigée en règle : tous égaux, hommes, femmes, quelque soit la couleur de peau (ça nous change du steampunk victorien et de son étiquette corsetée, non ?). Chaque citoyen compte pour un et tout le monde se tutoie. Nous suivons trois personnages : Liberté, apprentie mécanicienne très douée pour la réparation des automates et son amie Carmine, apprentie louchébem (en argot des boucher, c’est … boucher) d’un côté et Nathanaël, orphelin sans passé de l’autre. Si Liberté, provinciale montée à Larispem, manque de confiance en elle, Carmine en a à revendre. Inséparables, elles se complètent bien. En marge des préparatifs pour le passage au nouveau siècle, les Frères de Sang, une société secrète d’aristocrates hantés par l’idée de vengeance refait surface. Leur cri de ralliement ? « Le sang jamais n’oublie ». Leur arme ? Une forme de magie liée au sang des sept familles fondatrices…

Dans ce premier tome d’exposition, le lecteur fait la connaissance des personnages, se balade dans un Paris rétro-futuriste fantasmé et voit la mécanique du complot se mettre doucement en place. L’intrigue prend son temps pour se dévoiler, laissant souvent le lecteur dans l’expectative, mais ce n’est pas un frein au plaisir de lecture, bien au contraire. Le procédé permet au lecteur de s’immerger, de s’imprégner de l’ambiance et le ferre pour la lecture du tome suivant. Les illustrations de Donatien Mary (et la couverture qui correspond bien au roman et à son esprit steampunk) ajoutent encore au charme de ce roman jeunesse. Les mystères de Larispem, premier roman publié de Lucie Pierrat-Pajot, se révèle être une bonne pioche et j’attends la suite.

Un extrait :

larispem

PRIX UCHRONIE 2015Lu pour le Prix ActuSF de l’Uchronie 2016
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