Interview : Diana Kennedy (1)

Aujourd’hui, demain et après-demain, le RSFBlog accueille Bertrand Campeis, secrétaire du Prix ActuSF de l’Uchronie qui nous a préparé une interview de Diana Kennedy, auteur et dessinatrice. Sa série mettant en scène John F. Kennedy est une uchronie et la dernière parution, Lune des Loups, sera donc chroniquée dans le cadre du Winter Time Travel. Diana Kennedy a son site web.

Bertrand Campeis : Bonjour Diana Kennedy, peux tu nous parler de toi en commençant par ton parcours professionnel et artistique ?

Diana Kennedy : Ayant grandi avec la BD des années 70, j’étais décidée depuis l’âge de 10 ans de devenir auteur de BD. Je fais de la BD depuis un peu plus de 20 ans, surtout pour des petits éditeurs en Allemagne. J’ai fait des illustrations pour divers magazines et participé à des Comic Books américains.

Bertrand Campeis : Quand et comment as-tu décidé de créer ta propre structure et de vivre de ton art ?

Diana Kennedy : C’est vers 1994 que j’ai commencé l’autoédition, parallèlement aux travaux pour les éditeurs, car le temps et l’effort nécessaire pour rechercher un éditeur équivaut le temps et l’effort qu’il faut pour créer un livre et le publier. Bien entendu, il y a des inconvénients, comme les frais d’impression qu’il faut porter et qui sont en relation aucune avec les revenus modestes d’une artiste indépendante. Mais cela peut se faire, en économisant ferme et en se privant d’à peu près tout. Le plus grand problème est la diffusion. Sans Maison d’Édition derrière vous, les portes sur les pistes de diffusion restent pour la plus part fermées. Il faudrait disposer d’un grand talent commercial à côté du talent artistique – ce qui  n’est pas mon cas. Mais malgré cela, je préfère créer et publier sans contrainte au lieu de dépenser mon énergie à la recherche d’éditeurs qui, en plus, risquent de censurer considérablement mon travail.

L’internet a beaucoup amélioré la situation des auteurs-éditeurs indépendants. Avec la possibilité de l’impression sur demande, qui a atteint une excellente qualité de nos jours et la présence d’un site web on peut contourner partiellement le problème de l’impression et de la diffusion classique. www.john-f-kennedy.fr est donc le portail central des aventures de JFK, le lieu où se renseigner sur les nouveautés et au besoin, de les commander.

Bertrand Campeis : Pourquoi ce pseudonyme ?

Diana Kennedy : Au début, je voulais que l’on m’appelle juste  « Diana ».  Un mot, un nom. Comme « Hergé », « Peyo » ou « Derib ». Mais ni les médias, ni les éditeurs n’ont jamais respecté ce vœu et ont toujours cité le nom entier, Diana Sassé. Pire encore, parfois que « Sassé ». Je n’ai donc jamais eu droit à un vrai nom d’artiste. Quand j’ai commencé avec les histoires de JFK, beaucoup ont commencé par m’appeler Diana Kennedy. Et du coup, ça m’a bien arrangé, parce que cela me fait un joli nom d’artiste qui résume ce que je fais.

Bertrand Campeis : Peux-tu nous parler de tes différentes créations en matière de BD ?

Diana Kennedy : Ma première série publiée avait pour héros un jeune soldat de la cavalerie allemande lors de la Première Guerre mondiale, Loan. Loan avait la particularité d’aimer un soldat français, ce qui lui valait – disons, quelques difficultés. L’album « Mondkrieg » est d’ailleurs jusqu’à présent celui qui a le mieux marché. A côté de Loan, j’avais démarré une série fantastique, « Doudou » qui parlait aussi de poilus de 14-18 mais avec des allemands mutés en centaures. Cette série a connu 7 tomes.

Bertrand Campeis : Quand, comment et pourquoi as-tu voulu faire une BD dédiée intégralement à John F. Kennedy ?

Diana Kennedy : Jusqu’en 2000 à peu près, je faisais essentiellement Loan et Doudou. Kennedy est venu vers moi, du jour au lendemain, comme une inspiration spontanée, ce qui est assez insolite vu qu’auparavant, je ne m’intéressais pas à lui. J’avais alors  parlé un peu de lui dans Doudou. Puis  J’ai réalisé le premier album avec JFK comme personnage principal en 2001 (en allemand) et depuis, le « virus » m’a pris.

Bertrand Campeis : Songeais-tu à donner une connotation politique à ton récit, en t’inspirant de la vie réelle de JFK ?

Diana Kennedy : Les moments cruciaux de la vie du JFK historique ont bien entendu été conservés, car ils ont marqué sa personnalité. Il y a, par exemple,  la relation difficile avec le père et le fait que JFK ne fut que le « second choix » pour la carrière politique qui avait été prévue pour son frère aîné, Joe. Il y a aussi Castro et la rivalité avec la Russie, même si, dans mon univers ce n’est pas l’Union Soviétique, mais l’Empire du Tsar. Malgré ces points, je tiens toujours à préciser qu’il ne s’agit pas d’une série « politique ». On peut très bien lire et comprendre toutes les histoires sans avoir une idée de la période historique concernée, ni s’intéresser à la politique.

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Challenge Winter Time Travel.