La Troisième Griffe de Dieu – Adam-Troy Castro

La Troisième Griffe de Dieu

D’Adam-Troy Castro

Albin Michel Imaginaire – 464 pages. Traduction de Benoit Domis

On prend les même et on recommence (ou presque)

La Troisième Griffe de Dieu est le deuxième tome de l’intégrale des aventures d’Andrea Cort. Il contient un roman (La Troisième Griffe de Dieu, suivez un peu) et une nouvelle (« Un coup de poignard »). Cette intégrale, comme la première, a été audiolue. Cette chronique sera probablement assez courte et un peu décousue : ma lecture remonte à loin à présent (et mes notes sont très parcellaires) et je ne veux pas trop divulgâcher la première intégrale (mais soyez prévenu, spoilers du tome 1 il y a).

Quel plaisir de retrouver Andrea Cort, les Porrinyard, Oscin et Skye, même si c’est pour les voir coincés dans un ascenseur spatial doublé d’une scène de crime !

Mais commençons par le début. Après un pacte que l’on pourrait qualifier de faustien avec des IA – en échange de sa collaboration, elle pourra chercher les démon invisibles qui l’ont poussé à assassiner sa famille adoptive, sur Bocaï, quand elle était jeune, Andrea est devenue Procureure extraordinaire pour le Corps diplomatique, un statut qui la place dans une position intouchable et qui incommode quelque peu cette administration qui trouvait bien pratique d’avoir un monstre sous la main pour exécuter de basses besognes, de celles qui laissent des traces de sang sur les murs. Qu’on ne s’y méprenne pas, Andrea passe d’une sujétion à une autre, mais avec une laisse un peu plus lâche. Elle est à présent accompagnée dans ses déplacements par Oscin et Skye et ils forment un couple – les Porrinyard sont une paire d’inseps, deux individus qui ont, en quelque sorte, fusionné leurs esprits et leurs personnalités. Invités par la famille Bettelhine – des marchands d’armes sans morale (des marchands d’armes suffisait, non ? mais je vous rassure Adam-Troy Castro est beaucoup plus subtil que ça), elle se rend sur Xana, leur planète utra-sécurisée. Tellement sécurisée qu’elle se fait agresser à peine le pied posé dans le port orbital par un Bocaïen qui tente de l’assassiner avec une griffe de Dieu, une arme très ancienne, mortelle à tous les coups. Lorsqu’elle embarque dans le seul ascenseur spatial qui relie l’astroport à la planète en compagnie d’un autre Bocaïen, inoffensif celui-là, elle ne se doute pas que ce dernier subira lui aussi et avec beaucoup moins de chance les foudres de cette griffe. L’ascenseur se trouve bloqué, Andrea doit enquêter dans un laps de temps réduit, puisque les communication sont coupées et que l’ascenseur et ses passagers deviennent une menace pour la sécurité des Bettelhine.

Changement de point de vue pour la nouvelle « Un coup de poignard » qui introduit le personnage de Draiken. La nouvelle m’a laissée froide et je me suis demandée ce qu’elle faisait là tant elle paraissait en décalage avec le roman. Sur le plan chronologique, la nouvelle prend place entre les événements des deuxième et troisième romans du cycle Andrea Cort et sert donc de  transition vers le troisième tome, La Guerre des Marionnettes qui sort le 15 juin 2022 (et on espère qu’il sortira au format audio aussi). Wait and see, donc.

Une (audio)lecture addictive (bis)

Je pense que je suis autant addict à Andrea Cort qu’à la voix de Camille Lamache puisque je n’ai pas vu défiler les 13h57 d’audiolecture. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman un cocktail détonnant : un huis clos oppressant, une enquête passionnante, des apparences trompeuses, un vernis de civilité qui s’écaille, des personnalités mises à nu révélant le pire (souvent) et le meilleur (parfois) de l’humanité, des personnages qui évoluent, des relations et des interactions plus approfondies, des questions qui trouvent leurs réponses et de nouvelles interrogations qui émergent…

Pourquoi j’aime Andrea (et je ne suis pas la seule) ? Parce que j’aime les emmerdeuses qui ne lâchent rien (et je ne suis pas la seule, bis)

– Les opinions diffèrent : pour certains, je suis une criminelle de guerre dont la tête est mise à prix ; pour d’autres, un symbole de l’inépuisable capacité pour la corruption de la Confédération, un assassin, un ennemi de l’État, une gêne ou encore une agente du Corps diplomatique.
– Et aussi, ajoutent les Porrinyard, une emmerdeuse.

Plus classique dans sa forme que Émissaires des morts, La Troisième Griffe de Dieu convainc tout autant. Vivement le troisième opus.

Deux citations (oui j’ai triché)

Vous vous êtes donc épargné, tout au plus, cinq années de courbettes pour des gens qui vous témoignent autant de considération qu’à un appareil ménager bien pratique. En échange, vous n’avez pas hésité à sacrifier tout ce qui donnait un sens à votre vie pour, au mieux, une imitation imparfaite de l’avenir que vous auriez choisi, si vous en aviez la possibilité. N’avez-vous pas l’impression d’avoir fait un marché de dupes ?

« Souvent, les riches et les puissants manquent totalement de repères pour s’adresser à des gens comme moi. Mes échanges avec les personnes que je sers dépassent rarement le stade des banalités.
– Ce doit être agaçant.
– L’alternative consisterait à parler de sujets qu’ils abordent habituellement entre eux, et je pense en avoir déjà suffisamment entendu pour affirmer que je préfère l’éviter. »

Pour aller plus loin

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5 réponses

  1. Gilles Dumay dit :

    Bonjour,
    Juste une petite remarque : le tome 3 des enquêtes d’Andrea Cort sortira le 15 juin, sous le titre La Guerre des Marionnettes.
    Toujours traduit par Benoît Domis.
    Pour ce qui est d’un éventuel audiolivre, pour le moment je n’ai aucune info à ce sujet. Les deux derniers audiolivres cédés sont Les Temps ultramodernes de Laurent Genefort (à paraître le 25 mai), L’Architecte de la vengeance de Tochi Onyebuchi (annoncé pour le mois d’aout chez Audiolib).

  2. Yuyine dit :

    J’ai tellement aimé ces deux premiers livres que j’ai bien envie de les redécouvrir à l’audio un jour comme la qualité semble au rendez-vous.

    • Lhisbei dit :

      L’expérience se tente, amha.
      J’avoue que je ne suis pas persuadée d’accrocher autant en version papier. Adam Troy Castro est un peu répétitif pour ancrer la psychologie des personnages et surtout d’Andrea. EN audio, ça passe très bien mais je ne suis pas sûre qu’à la lecture j’aurais apprécié. L’expérience de l’audiolecture est différente de l’expérience de la lecture chez moi (au contraire de Lune par exemple).

  3. Zina dit :

    C’est ça : vivement le 3e !

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