Planetfall – Emma Newman 12


Planetfall

D’Emma Newman

J’ai Lu Nouveaux Millénaires – 288 pages

Dans un futur que l’on devine assez proche, un groupe de colons guidé par celle que l’on surnomme l’Éclaireuse, a quitté la Terre pour une planète lointaine. Lorsqu’elle était plongée dans le coma, Lee Suh-Mi a reçu une vision de la planète, de ses coordonnées. Pour elle et ses fidèles, le voyage n’est pas un exil, mais une promesse et la destination n’est ni plus ni moins que l’éden et la possibilité de trouver Dieu. Au moment où la narration démarre, le lecteur est plongé dans le quotidien de la colonie avec Mack, un homme solide, habitué au pouvoir et capable de prendre des décisions radicales, Ren, ingénieure 3D et pilier de la communauté et Kay, médecin et amoureuse de Ren. Plus de vingt ans ont passé depuis l’atterrissage. La colonie s’est établie au pied de la Cité de Dieu, une mystérieuse construction organique qui résiste à toute investigation poussée et dans laquelle l’Éclaireuse a disparu. Les colons conservent néanmoins l’espoir et la foi de la voir revenir un jour. Tous les ans, lors de la Cérémonie de la Graine, elle transmet un message aux habitants de la colonie. Ce n’est pas Lee Suh-Mi qui réapparaît un matin, mais Lee Sung-Soo, son petit-fils, inconnu jusqu’à lors. Lors de l’atterrissage, quelques capsules ont dévié de leurs trajectoires et se sont écrasées et leurs passagers, dont celle du fils de l’Éclaireuse, ont été portés disparus. Survivants pendant des années, dans un environnement qui ne leur était pas adapté et sans les technologies dont disposent les colons toujours connectés au vaisseau-mère et à ses banques de données, ils ont fini par tous mourir dans une tempête selon Lee Sung-Soo. Ce dernier demande l’asile auprès de la communauté. Son arrivée provoque une série de réactions en chaîne et la paisible communauté, auto-suffisante, auto-gérée dans le respect de tous, commence à révéler ses secrets.

Emma Newman a choisi de raconter son histoire du point de vue de Ren, ce qui rend le roman très immersif. Avec Ren, nous découvrons la vie quotidienne de la colonie, son inventivité pour survivre, les règles de fonctionnement qui permettent de concilier liberté, intimité et confort de tous, mais aussi sa fragilité. Ren fuit une part de son passé et lutte pour une autre forme de survie, rongée par une maladie mentale qu’elle cache à tous et qui se dévoile peu à peu au lecteur au fil des pages. Personnage complexe, sa voix, puissante et désespérée, porte le roman. Dès lors, Planetfall sort des sentiers battus du planet opera retraçant la colonisation d’une exoplanète et offre une dimension supplémentaire qui se centre sur l’humain et sur l’exploration de sa complexité et de sa richesse. Loin des clichés que ce soit sur la maladie mentale, la foi ou la recherche d’un monde meilleur, Planetfall vise juste et marque les esprits. Jusqu’à sa fin très ouverte.

 

Par des nuits comme celle-ci, la lune me manque. Toutes ces années, je n’y avais pas prêté attention, lui accordant parfois un regard, au mieux un moment, quand elle était dorée et pleine, suspendue au-dessus des Champs-Élysées. Je me surprends parfois à la chercher distraitement.
Les étoiles sont magnifiques, néanmoins. Les gens s’étendent toujours au-dehors de leurs maisons aux nuits les plus chaudes, simplement pour les contempler. Avant d’arriver ici, nous n’avions jamais accès à la magie d’un tel ciel. La pollution sur Terre était trop forte, et l’Atlas ne comportait qu’un seul hublot. Nous avions des règles strictes quant au temps que chacun était autorisé à passer devant lui au cours du trajet. Ce n’était pas tant pour des questions de partage qu’à cause des radiations. À notre arrivée, nous étions assoiffés de ciel bleu, assoiffés d’un horizon dans lequel perdre son regard. Nous avions les salles de simulation, bien sûr, qui nous avaient préservés de la folie en offrant à nos yeux et à nos cerveaux des paysages à admirer ainsi que nous l’avions toujours fait, mais ce n’était pas pareil. Ces immersions dans des lieux passés n’étaient bonnes qu’à apaiser des frustrations solitaires.
Je crois que le ciel nous a aidés, les premiers temps. Certains d’entre nous, effrayés par un tel déferlement d’étoiles, sont restés dans les capsules d’atterrissage pendant des jours, jusqu’à ce que nous les convainquions de sortir. Une fois que nous fûmes habitués, le ciel nocturne et ses diamants éparpillés offraient un spectacle auquel aucun de nous n’aurait pu renoncer. Nous étions unanimement convenus d’éviter les éclairages trop intenses en dehors des maisons – jusqu’au Dôme, qui peut se faire opaque les soirs de faible fréquentation.

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